Trois Questions à Pierre Dinand

Vous avez dessiné des milliers de flacons pour de grands couturiers dans le monde. Quelle impression gardez-vous pour la création du flacon de parfum Hanae Mori ?

J’ai travaillé pour de nombreux couturiers français et américains. J’avais fait la connaissance de Claude Saujet pour le flacon masculin Art Déco de Van Cleef & Arpels mémorable en verre noir. Le design du flacon Eau Sauvage pour Christian Dior, et d’Opium pour Yves Saint Laurent avait contribué à ma réputation au Japon. J’ai collaboré pour de grands noms au Japon, et réalisé le flacon de parfum de l’impératrice du Japon. Claude Saujet m’a fait rencontrer Madame Hanae Mori à Paris, elle avait entendu parler de moi à Tokyo où j’ai d’ailleurs eu un bureau pendant vingt ans. Je lui ai demandé ce qu’elle aimait et le symbole du papillon s’est imposé. Elle connaissait bien le couturier Hubert de Givenchy et les flacons imaginés pour lui, et était dans le désir d’un flacon dans cette lignée de classicisme avec une touche personnelle.

Quelle a été la prouesse principale de ce flacon ?

Il n’était pas évident de faire un bouchon en papillon ! Réaliser ce bouchon en forme de papillon et en verre a été un tour de force inégalé, on n’avait jamais fait ça auparavant, un bouchon en verre qui aille sur une pompe. Robert Petit des verreries Pochet du Courval, un génie, a accepté le challenge. Il aimait la difficulté, on a réglé le problème assez vite.

Si vous deviez résumer cette expérience en trois mots mémorables ?

Plaisir, historique, toujours ! Plaisir de travailler avec Claude Saujet pour la réalisation d’un flacon historique, qui respecte l’image de la créatrice Hanae Mori. Un flacon élégant toujours à la mode 27 ans plus tard !

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